Les opérateurs télécoms en France : Comment les distinguer ?

#Internet et réseaux 24/07/2017

En un peu plus de 20 ans, le marché des télécoms français s’est considérablement transformé. Au départ marché monopolistique d’État, il s’est progressivement ouvert à la concurrence. Ensuite le marché a été privatisé sous l’influence de Bruxelles, pour arriver enfin à une situation d’hyper concurrence.

1990 à nos jours, l’industrie se transforme

Dès 1992, la Compagnie Générale des Eaux crée SFR et ouvre son réseau mobile en Décembre. Deux ans plus tard, Martin Bouygues lance Bouygues Telecom, et entre quelques années après sur le marché des télécommunications. S’il joue au départ le rôle de l’outsider agressif pour se tailler des parts de marché, entraînant une première guerre des prix, Bouygues se repose ensuite sur ses lauriers après s’être fait sa place dans le nouvel oligopole avec France Télécom et SFR.

Cet oligopole sera plus tard, en 2005, sanctionné en justice pour collusion, à hauteur de plus de 500 M€. C’est cette amende qui pousse Free, alors opérateur fixe, à démarrer sa campagne de lobbying pour ouvrir le marché mobile français à un quatrième opérateur national.
L’exécutif étant partagé, cette décision ne se fera qu’en 2011. Le quatrième opérateur, Free Mobile, joue le rôle qu’espérait l’Autorité de la Concurrence, et relance une nouvelle guerre des prix en 2012, celle-là bien plus ardue que la première. Il a divisé les prix du marché jusqu’à 5 fois sur certaines offres.

De plus, le marché des télécommunications français voit apparaître une innovation mondiale. En 2002, Free crée la freebox, qui remplace le modem internet et qui assume les fonctions de connexion à internet, téléphonie fixe, et la télévision, l’offre Triple Play. Cette révolution bouleverse le marché des télécommunications fixes qui voit émerger une foule d’opérateurs innovants dits alternatifs. Ces nouveaux opérateurs comme Neuf Télécom, Alice, ou encore, quelques années plus tard, Alsatis, proposent des solutions originales pour les clients délaissés. C’est dans cette période qu’on observe l’intensification de la convergence du marché français avec des opérateurs nationaux qui sont présents sur les marchés fixes et mobiles.

Des territoires entiers laissés pour compte

Avec la privatisation du marché, se créent des zones dites grises et blanches. Ces régions ne disposent que d’une couverture réseau de mauvaise qualité. En effet, la compétition nouvelle provoque une course à la rentabilité, et les zones peu densément peuplées ne constituent pas la priorité des opérateurs, et ce même pour Orange, dont l’État reste actionnaire.
Les nouveaux opérateurs saisissent l’opportunité en se positionnant sur des zones de chalandises délaissées, s’appuyant souvent sur les RIP. Ils incarnent donc une véritable alternative crédible aux opérateurs nationaux.

Une foule d’opérateurs, comment les différencier ?

On classe dans les opérateurs historiques les 4 membres de l’oligopole national qui se partagent 90% du marché. À Orange (anciennement France Télécom) se sont ajoutés SFR et Bouygues, premiers opérateurs venant s’implanter à l’ouverture du marché des télécom à la concurrence, ainsi que Free, qui propose désormais des offres Internet de type box pour particuliers et entreprises, mais aussi du mobile ou de la TV. Ces opérateurs sont tous propriétaires de réseaux d’infrastructure d’envergure, justifiant leur positionnement dominant.

Les opérateurs alternatifs se distinguent donc surtout par leur taille et leur spécialisation vis-à-vis d’une technologie ou d’une clientèle spécifique. Les exemples dans le mobile sont nombreux, Lycamobile s’adresse aux particuliers qui ont besoin de beaucoup appeler au Maghreb en Afrique subsaharienne. D’autres comme Alsatis Entreprises se spécialisent sur le marché des professionnels, où les opérateurs alternatifs se différencient par un catalogue plus flexible pour faire face à la diversité des besoins.

Les opérateurs alternatifs forment un groupe hétérogène tant sur la gamme des services qu’ils proposent que sur leur envergure. On doit néanmoins distinguer deux groupes, les opérateurs réels et les opérateurs virtuels.

Opérateurs Réels vs Opérateurs Virtuels

Les opérateurs virtuels ne disposent pas d’une infrastructure réseaux. Ils achètent de la bande passante et composent ainsi des offres télécoms aux clients finaux. Ils ont donc une maitrise technique limitée sur le service vendu à leur clientèle. Ne réalisant pas les investissements lourd relatifs à la mise en œuvre d’un réseau, ces opérateurs favorisent un modèle économique à faible marge, leur permettant de proposer des prix concurrentiels sur un marché de masse.

A l’inverse, les opérateurs réels investissent dans la constitution d’une infrastructure réseau, dont l’ampleur varie selon leurs moyens. Ils disposent donc d’une compétence technique qui influence leurs propositions commerciales. Les opérateurs réels ont en outre un contrôle optimal sur leurs dispositifs techniques et donc sur les services qu’ils proposent. Souvent impliqués dans une démarche de conseil, ils sont très présents sur les RIP*, délaissés par les opérateurs historiques.

La société Alsatis a été fondée en 2004 avec l’ambition d’apporter des solutions pour irriguer les territoires carencés en ADSL. Fort de cette expérience à haute technicité, la société fait évoluer son modèle. Elle se compose de trois entités, Alsatis Réseaux, qui gère son infrastructure nationale, Alsatis Télécom, qui adresse les particuliers, et Alsatis Entreprises pour les professionnels. Alsatis Entreprises est donc un opérateur alternatif réel, bénéficiant d’une maîtrise technique qu’il partage à ses clients. Le support technique est d’ailleurs situé au siège d’Alsatis, à Toulouse, de manière à optimiser la synergie avec Alsatis Réseaux.

Pour résumer

Du monopole d’État au marché hyper concurrentiel, l’industrie française des télécommunications a été bouleversée durant les vingt dernières années. L’arrivée de free comme opérateur mobilee, a lancé une guerre des prix qui se poursuit toujours aujourd’hui.

En plus des 4 opérateurs nationaux, une multitude d’opérateurs dits alternatifs sont autant d’acteurs qui comptent et qui stimulent l’économie. Parmi eux, les opérateurs virtuels se contentent d’acheter du trafic pour le revendre, tandis que les opérateurs alternatifs « réels » disposent de leur propre réseau et font des offres innovantes pour répondre au mieux aux problématiques diverses des particuliers et des entreprises françaises. Ils méritent leur place sur le marché et démontrent jour après jour leur capacité à défier les opérateurs historiques. Pourvu que ça dure !



* RIP : Réseaux d’initiative publique